Expressions

Expressions à thème

1 La nourriture

  • Manger la soupe sur la tête de quelqu’un : être beaucoup plus grand (ou plus fort) = dominer.
  • Être trempé comme une soupe : autrefois, la soupe était la tranche de pain qu’on trempait dans le bouillon et qui en ressortait forcément ‘trempée comme une soupe’.
  • Mettre son grain de sel : s’immiscer, en général mal à propos, dans une conversation ou une affaire.
  • Être pot-au-feu : être casanier, pantouflard, sédentaire.
  • Être aux petits oignons : avec beaucoup de soins et/ou d’attention.
    Parfait, très bien.
  • Ne pas être dans son assiette : ne pas être dans son état normal, physiquement et/ou moralement.
  • Manger de la vache enragée : vivre dans la misère. Mener une vie de dures privations.
  • Faire vinaigre : se dépêcher.
  • Rester sur sa faim : être insatisfait, déçu dans ce qu’on attendait ou espérait.
  • Avoir droit à la soupe à la grimace : attitude désagréable, hostile.
  • Venir comme un cheveu sur la soupe : mal à propos. À contretemps.
  • Mettre à toutes les sauces : utiliser souvent et n’importe comment.

2 – 3  Le pain

  • Ça ne mange pas de pain : ça ne coûte rien (même si ça n’a aucun intérêt) Ça ne provoque rien de désagréable (même si ça n’apporte pas grand chose)
  • Je ne mange pas de ce pain-là : refuser d’agir illégalement ou immoralement.
  • Manger son pain blanc en premier : passer d’un état heureux à un autre qui ne l’est pas.
  • Se vendre comme des petits pains : se vendre très facilement ou très rapidement.
  • Avoir du pain sur la planche : avoir beaucoup de travail, de tâches à accomplir.
  • Être au pain sec et à l’eau : faire pénitence ; se nourrir peu ; être puni.
  • Faire passer à quelqu’un le goût du pain : faire mourir ; tuer.
  • Être bon comme le pain : bon, gentil, généreux, d’une grande bonté.

4 Le pot

  • Tourner autour du pot : rechercher un avantage d’une manière détournée, insidieuse ; hésiter, tergiverser, parler avec des détours avant d’aborder franchement un sujet.
  • Découvrir le pot aux roses : secret, mystère, réalité bien cachée.
  • Payer les pots cassés : payer les dommages matériels ; subir les conséquences fâcheuses d’une affaire, d’une aventure, etc. ; endosser la responsabilité d’une action ; assumer des faits souvent indépendants de sa volonté.

5 La nourriture (et la mythologie)

  • Monter sur se grands chevaux : se mettre en colère en employant de grands mots
  • Tirer les marrons du feu : retirer les avantages d’une situation
  • C’est de la roupie du sansonnet : être une chose sans valeur
  • Être le dindon de la farce : être celui qui se fait berner
  • Renaître  de ses cendres : prendre un nouveau départ
  • Se mettre en rang d’oignons : se mettre sur une seule ligne
  • C’est de la tarte à la crème : une idée qui traîne partout, sans originalité

6 – 7  La mythologie

  • « Avoir une voix de Stentor » L’expression signifie avoir une voix puissante. Stentor est un personnage de l’Iliade de Homère. C’était un guerrier grec dont la voix d’airain lui permettait de crier « aussi fort que cinquante hommes ». La déesse Héra utilisa la force vocale prodigieuse de Stentor pour stimuler l’ardeur de l’armée grecque lors du siège de Troie. Stentor succomba lors d’une lutte vocale avec Mercure.
  • « Le talon d’Achille » L’expression désigne le point faible de quelqu’un. Thétis voulut rendre son fils Achille invulnérable en le plongeant dans le Styx (ou en l’enduisant d’ambroisie le jour et en le plongeant dans le feu la nuit). Elle fut interrompue par Pélée, le père d’Achille, et, prise de colère, abandonna son enfant, qui resta vulnérable au talon par lequel sa mère l’avait tenu. C’est précisément à cet endroit que le héros fut atteint d’une flèche tirée par le troyen Pâris. Achille en mourut.
  • « Jouer les Cassandre » Signification : faire des prédictions dramatiques et exactes, mais qui ne sont pas écoutées. Origine : dans l’Iliade, Homère relate l’histoire de Cassandre, l’une des filles du roi Priam, qui avait reçu d’Apollon le don de la prophétie. Comme elle se refusa au dieu, ce dernier fit en sorte que personne n’ajouta foi à ses prédictions.
  • « Un ouvrage de Pénélope » Signification : un ouvrage jamais achevé, qu’on doit sans cesse reprendre. Origine : cette expression nous renvoie à l’Odyssée d’Homère. Alors qu’Ulysse, roi d’Ithaque, est aux prises de la colère des Dieux, Pénélope, persuadée qu’il est encore en vie, retarde le choix d’un nouvel époux grâce à une ruse devenue célèbre : elle fait savoir à ses prétendants qu’elle épousera le meilleur d’entre eux lorsque son tissage sera achevé. Mais pour que cela n’arrive jamais, elle défait la nuit ce qu’elle a tissé le jour et ainsi, pendant vingt ans, attend fidèlement son époux.
  • “se retirer sous sa tente” Signification:  bouder, cesser de son plein gré une action par dépit ou par colère, fait référence à la mythologie. C’est en effet dans le récit de L’Iliade, de Homère, qu’apparaît cette situation lorsque Achille, furieux qu’Agamemnon lui ait retiré la belle et jeune vierge Briséis dont il était amoureux, abandonne le siège de Troie pour s’isoler de rage et de dépit dans sa tente et ainsi refuser de combattre.

Un souvenir d’enfance

flota_Huesca

Les voyages de mon enfance sont des souvenirs qui, malgré le temps écoulé depuis lors, restent ancrés dans ma mémoire ; ils ont représenté pour moi de véritables événements, considérant surtout que cette époque-là n’offrait pas aux enfants d’abondants amusements. Les moyens pour voyager en Espagne pendant les années cinquante et soixante du vingtième siècle étaient rudimentaires, les routes ressemblaient encore à celles construites par les Romains à l’Antiquité, les moyens de locomotion à disposition du commun des mortels, excepté l’heureuse minorité propriétaire d’une automobile, étaient des autobus qui marchaient cahin-caha et des trains à vapeur.  Par conséquent on voyageait peu, seulement quand était absolument nécessaire, et le tourisme de masses restait encore inconnu.

Nous passions l’été dans le hameau natal de notre père, distant environ d’une centaine de kilomètres de la ville où nous habitions; pour nous y rendre il nous fallait prendre successivement trois autobus et à chaque changement on empruntait un véhicule de plus en plus délabré. Le hameau était placé hors de la route, pour cette raison les quatre derniers kilomètres devaient  être parcourus à pied, avec l’aide d’un âne pour porter les bagages. Quand finalement on arrivait à ce dernier tronçon du parcours, le soleil tombant tout droit sur nos têtes, plus brulant au fur et à mesure que le matin avançait, chauffait le ravin rocailleux par lequel le chemin ascendant s’étendait, et un air ardent rendait encore plus pénible la montée pour les voyageurs assoiffés.Boltaña marzo 2006 016

Ce voyage estival était non seulement une traversée par des paysages différentes aux habituels, mais encore il était aussi, en quelque sorte, un voyage à travers le temps, car le hameau de nos vacances gardait plein de traits caractéristiques des siècles passés, on aurait dit que, grâce au voyage accompli, nous avions été transportés en plein Moyen Âge.

Les rigoristes (musulmans ou pas)

On nous assure d’un paradis qui sera peuplé de houris.
Elles nous offriront leur miel et le vin des meilleures vignes.
Il nous est donc permis d’aimer dès ici-bas, le vin, l’amour
Puisque tel est notre destin et qu’il est écrit dans le Livre

Ô toi qui ne bois pas de vin, ne blâme pas ceux qui s’enivrent.
Entre l’orgueil et l’imposture, pourquoi vouloir tricher sans fin ?
Tu ne bois pas, et puis après ? Ne sois pas fier de l’abstinence
Et regarde en toi tes péchés. Ils sont bien pires que le vin.

Omar Khayâm (1047 -1122) Rubâ’ iyât

(Paul Balta, L’Islam, Le Cavalier Bleu, Paris 2001, p. 80-81)