La casquette de Charles Bovary

 

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Flaubert illustre, à travers la description de la casquette, le caractère grotesque, falot et pitoyable de Charles Bovary

« C’était une de ces coiffures d’ordre composite, où l’on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d’expression comme le visage d’un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s’alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d’une broderie en soutache compliquée, et d’où pendait, au bout d’un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d’or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait. »

Gustave Flaubert, Madame Bovary

(Selon le grand Robert, le bonnet à poil, autrement dit ourson ou colback, était « une ancienne coiffure militaire, en forme de cône tronqué, orné à sa partie supérieure d’une poche conique en drap garnie d’un gland ». Il était porté par les grenadiers sous le Premier Empire. En ce qui concerne le chapska, le grand Littré le définit comme un « chako polonais dont le dessus est carré ». D’après le grand Robert, c’était la coiffure des lanciers sous le Premier Empire. Le chapeau rond, d’après l’encyclopédie Larousse, était une coiffure portée par les ecclésiastiques. La casquette de loutre, comme explique le grand Littré, « est une coiffure d’homme, faite d’étoffe ou de peau, garnie ordinairement d’une visière ». Il avait été porté surtout par des chasseurs. Et, pour finir, le bonnet de coton est, toujours selon le grand Robert, une « coiffure masculine pour la nuit, symbolisant le confort et la pusillanimité bourgeoise, la tristesse, etc. »)

Bonnet à poil
Bonnet à poil
Chapska
Chapska

 

Chapeau rond
Chapeau rond
Casquette de loutre
Casquette de loutre
Bonnet de coton
Bonnet de coton

(Traducción de Carmen Martín Gaite:

Era uno de esos gorros de tipo heterogéneo, donde pueden encontrarse elementos del morrión, del chapska, del sombrero hongo, de la gorra de nutria y del gorro de dormir, en fin, una de esas prendas desgraciadas cuya muda fealdad alcana abismos comparables a los del rostro de un memo. De forma oval y sujeta por ballenas, empezaba por tres morcillas circulares; luego, separados por una banda roja, se alternaban unos rombos de piel de conejo con otros de terciopelo, y a continuación venía una especie de saco rematado por un polígono acartonado con barroca guarnición de pasamanería, del que colgaba, al extremo de un cordón largo y fino, una especie de  bellota trenzada con hilos de oro. Estaba recién estrenada, y la visera relucía.)

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