Dossard 71 | chronique – Le Monde / 18 juillet 2012

Eviter les coups de fringale

La nutrition chez le coureur cycliste est primordiale. En particulier chez les grimpeurs. Un calcul simple à comprendre : un coureur économise sept watts par kilo perdu lorsqu’il est à fond dans un col de haute catégorie. Durant le début de saison, le but n’est pas de perdre le maximum de kilos mais d’atteindre ce qu’on appelle son poids de forme. Pendant la préparation, il faut atteindre cette limite du poids de forme sans se mettre non plus en danger en passant en dessous de cette limite et devenir physiquement vulnérable. Si on voit beaucoup de coureurs malades sur le Tour, cela est dû avant tout au poids de la course et de la fatigue qui s’accumulent. Dans le cyclisme de haut niveau, l’objectif est de toujours flirter avec les limites, même physiologiques.

Pendant le Tour, il faut faire abstraction du poids et surtout penser à ne pas perdre trop d’eau durant l’étape. Avant le départ, nous faisons le plein de barres énergisantes. Il y a deux catégories : les produits emballés et frais comme les tartes au riz, les pains au lait au jambon et fromage. Nous les consommons, en général, en début de course. Dans la dernière partie de l’étape, nous avons besoin de sucres rapides que nous procurent les barres énergisantes et les gels sucrés. En fait, physiologiquement, nous n’aurions besoin que de ces dernières mais nous atteignons rapidement une saturation gustative. C’est dans ce cas que les aliments de la première catégorie nous permettent de varier les goûts.

Nous n’avons pas de cuisinier au sein de l’équipe mais Amaury sport organisation (ASO) met à disposition des chefs italiens qui cuisinent très bien les pâtes, aliments indispensables pour générer des sucres lents. Au-delà de ça, notre alimentation doit absolument être très équilibrée : viandes blanches, légumes bouillis… Ce n’est pas pour autant que nous perdons le plaisir de la table, au contraire… Certains disent même que les cyclistes font du vélo exprès pour pouvoir s’attabler confortablement ensuite ! Personnellement, je n’ai pas de problèmes de prise de poids. Lorsque j’étais jeune, j’étais très attentif à ce que mon pourcentage de graisse ne varie pas trop. Ce n’est plus le cas. Désormais, je veille seulement à ne pas dépasser mon poids maximum. Un coureur cycliste ne doit pas forcément être un bon diététicien. En revanche, pour faire partie des meilleurs, maîtriser la variable diététique peut s’avérer décisif.

par Jean-Christophe Péraud

Pour  » Le Monde « , Jean-Christophe Péraud raconte son Tour au quotidien

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