L’Espagne en détresse

Mobilisation contre l’austérité, aide à Madrid votée

Une énorme marée humaine a envahi jeudi soir le centre de Madrid, pour crier « non » au nouveau plan de rigueur du gouvernement espagnol, à la hausse de la TVA, aux coupes budgétaires qui frappent les fonctionnaires et les chômeurs. « Mains en l’air, c’est un hold-up« , hurlait la foule, immobile ou défilant lentement, reprenant le slogan devenu le cri de ralliement des manifestations qui se multiplient depuis l’annonce, le 11 juillet, de ce plan destiné à économiser 65 milliards d’euros. A Madrid, les manifestants étaient plusieurs centaines de milliers. Les syndicats avaient appelé à manifester dans 80 villes, sous le mot d’ordre « Ils veulent ruiner le pays. Il faut l’empêcher ». Car le malaise des Espagnols, déjà soumis à de lourds sacrifices dans un pays en récession, étranglés par un chômage de près de 25 %, est monté d’un cran face à ce nouveau tour de vis. Le gouvernement cherche ainsi à redresser les comptes publics : le budget 2012, d’une rigueur historique avec 27,3 milliards d’euros d’économies, n’a pas suffi et l’Espagne s’est vu imposer par Bruxelles des conditions draconiennes, en échange d’une aide à ses banques et d’un délai, jusqu’en 2014, pour ramener son déficit public à moins de 3 %. Pour renflouer les caisses, c’est cette fois le pays tout entier qui va payer : une hausse de la TVA devrait rapporter 22 milliards d’euros d’ici à 2014 et les fonctionnaires, qui ont déjà vu leur salaire réduit de 5 % en 2010, puis gelé, perdent en 2012 leur prime de Noël, l’équivalent de 7 % du salaire. Dans ce contexte, les députés allemands ont approuvé jeudi une aide à l’Espagne de 100 milliards d’euros maximum destinée à renflouer les banques.

Dossard 71 | chronique – Le Monde / 18 juillet 2012

Eviter les coups de fringale

La nutrition chez le coureur cycliste est primordiale. En particulier chez les grimpeurs. Un calcul simple à comprendre : un coureur économise sept watts par kilo perdu lorsqu’il est à fond dans un col de haute catégorie. Durant le début de saison, le but n’est pas de perdre le maximum de kilos mais d’atteindre ce qu’on appelle son poids de forme. Pendant la préparation, il faut atteindre cette limite du poids de forme sans se mettre non plus en danger en passant en dessous de cette limite et devenir physiquement vulnérable. Si on voit beaucoup de coureurs malades sur le Tour, cela est dû avant tout au poids de la course et de la fatigue qui s’accumulent. Dans le cyclisme de haut niveau, l’objectif est de toujours flirter avec les limites, même physiologiques.

Pendant le Tour, il faut faire abstraction du poids et surtout penser à ne pas perdre trop d’eau durant l’étape. Avant le départ, nous faisons le plein de barres énergisantes. Il y a deux catégories : les produits emballés et frais comme les tartes au riz, les pains au lait au jambon et fromage. Nous les consommons, en général, en début de course. Dans la dernière partie de l’étape, nous avons besoin de sucres rapides que nous procurent les barres énergisantes et les gels sucrés. En fait, physiologiquement, nous n’aurions besoin que de ces dernières mais nous atteignons rapidement une saturation gustative. C’est dans ce cas que les aliments de la première catégorie nous permettent de varier les goûts.

Nous n’avons pas de cuisinier au sein de l’équipe mais Amaury sport organisation (ASO) met à disposition des chefs italiens qui cuisinent très bien les pâtes, aliments indispensables pour générer des sucres lents. Au-delà de ça, notre alimentation doit absolument être très équilibrée : viandes blanches, légumes bouillis… Ce n’est pas pour autant que nous perdons le plaisir de la table, au contraire… Certains disent même que les cyclistes font du vélo exprès pour pouvoir s’attabler confortablement ensuite ! Personnellement, je n’ai pas de problèmes de prise de poids. Lorsque j’étais jeune, j’étais très attentif à ce que mon pourcentage de graisse ne varie pas trop. Ce n’est plus le cas. Désormais, je veille seulement à ne pas dépasser mon poids maximum. Un coureur cycliste ne doit pas forcément être un bon diététicien. En revanche, pour faire partie des meilleurs, maîtriser la variable diététique peut s’avérer décisif.

par Jean-Christophe Péraud

Pour  » Le Monde « , Jean-Christophe Péraud raconte son Tour au quotidien