Merah tué, polémiques et questions abondent

 Mohamed Merah, le jeune Français de 23 ans qui a abattu sept personnes dans le sud-ouest de la France, dans trois tueries revendiquées par une organisation liée à Al-Qaida, a été tué jeudi lors de l’assaut de la police, à l’issue d’un siège de 32 heures autour de l’immeuble toulousain où il s’était retranché avec des armes. Lors de l’assaut du RAID, unité d’élite de la police, Merah, qui a affirmé avoir agi sur instruction d’Al-Qaida, résiste et « saute par la fenêtre avec une arme à la main, en continuant de tirer », a déclaré le ministre de l’intérieur, Claude Guéant. Les policiers l’ont abattu d’une « balle dans la tête ». Le RAID avait pourtant reçu pour consigne des autorités de « tout faire pour interpeller Merah vivant ». Des questions se posent sur l’intervention. « Comment se fait-il que la meilleure unité de la police ne réussisse pas à arrêter un homme tout seul ? » s’interroge Christian Prouteau, fondateur du GIGN, unité « concurrente » du RAID, dans une interview publiée ce matin dans Ouest-France. Une controverse sur la question d’une éventuelle faille dans la surveillance des réseaux islamistes radicaux par le renseignement a aussi émergé. François Hollande l’a évoqué hier soir et a estimé qu' »à la suite du drame (…) des questions seront nécessairement posées ». Jean-Christophe Lagarde (Nouveau Centre) a répliqué en condamnant « l’invraisemblable cacophonie » au PS « moins de 2 heures après le dénouement du drame », y voyant « une hypocrisie socialiste de plus dans cette campagne ». M. Sarkozy a accusé M. Hollande et Mme Le Pen d' »instrumentaliser » ces tueries.

Argot militaire

– Encore griveton pour longtemps?
Il employait des mots d’argot que Louis ne comprenait pas toujours.

– Alors ? C’est la quille ? lui demanda Brossier, hilare.
– Oui, c’est la quille, dit-il à mi-voix, car il avait toujours éprouvé de la peine à employer l’argot militaire.
– Ça se fête, une quille, mon vieux, dit Broussier.

Il avait été docile pendant deux ans, il avait supporté la caserne, la chambrée, l’uniforme, les chaussures qui prennent l’eau, et maintenant que c’était fini, pourquoi avoir supporté tout ça ?

Une salle de bains, c’était extraordinaire après le grand lavabo de la chambrée, cette mangeoire d’écurie dont le tuyau d’écoulement se bouchait toujours. Une salle de bains, après deux ans de chiottes à la turque aux portes mal jointes qui battaient sous le vent glacé de la cour…

Patrick Modiano. Une jeunesse. Folio. P.20 -24

Mort de Ben Bella, héros de l’indépendance algérienne
Le Monde.fr | 11.04.2012 à 19h35 • Mis à jour le 12.04.2012 à 08h51

Démobilisé, il rempile en 1943, après l’occupation de l’Afrique du Nord par les alliés lorsque se forma la future armée d’Italie, et rejoint le 5e régiment des tirailleurs marocains. La conduite héroïque de l’adjudant Ben Bella, et sa détermination dans la bataille de Monte Cassino – au cours de laquelle il sauve la vie de son capitaine Offel de Villaucourt -, lui valent d’être quatre fois cité et décoré de la Médaille militaire. Une distinction accrochée sur sa vareuse par le général de Gaulle en personne, ce qu’il ne manquera jamais de rappeler avec coquetterie à ses hôtes français.

Inquiétude

Alors, une sorte de déclic s’est produit en moi. La vue qui s’offrait de cette chambre me causait un sentiment d’inquiétude, une appréhension que j’avais déjà connus. Ces façades, cette rue déserte, ces silhouettes en faction dans le crépuscule me troublaient de la même manière insidieuse qu’une chanson ou un parfum jadis familiers. Et j’étais sûr que, souvent, à la même heure, je m’étais tenu là, immobile, à guetter, sans faire le moindre geste, et sans même oser allumer une lampe.

Patrick Modiano. Rue des Boutiques Obscures. Folio Gallimard. P.122