Lucile

Lucile avait des lubies, des phobies, des coups de gueule, des coups de cafard, aimait prononcer  des bizarreries –auxquelles elle-même croyait plus ou moins-, passer du coq à l’âne et de l’âne au coq, se mettait martel en tête, lançait des piques, frôlait les limites, jouait avec le feu. Lucile aimait naviguer à contre-courant, mettre les pieds dans le plat, se savait sous surveillance, défiait parfois notre regard, s’amusait à nous alarmer et revendiquait sa singularité.

Lucile n’aimait pas la foule, le nombre, le monde, les grandes tablées, fuyait les mondanités, se laissait apprivoiser en tête à tête, en petit comité, ou bien au cours d’une promenade, dans le mouvemente de la marche. Lucile restait secrète sur ses sentiments, ne livrait jamais les plus intime, réservait à quelques-uns le fond de sa pensée. Elle était ce mélange étrange de timidité maladive et d’affirmation de soi.

Delphine de Vigan. Rien ne s’oppose à la nuit. JC Lattès. p. 362

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