Une commission d’experts propose d’exhumer Franco

daté du 1er décembre 2011

L’ancien dictateur espagnol Francisco Franco (1892-1975) doit être exhumé et son cercueil extrait du Valle de los Caidos, gigantesque mausolée à sa gloire situé à une cinquantaine de kilomètres de Madrid. Trois semaines avant le changement de gouvernement en Espagne, la commission d’experts pour l’avenir du Valle de los Caidos, créée le 27 mai, a rendu ses conclusions, mardi 29 novembre.

Trop tard, selon les associations de défense de la mémoire de la guerre civile, qui doutent que le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, qui prendra ses fonctions en décembre, respecte les recommandations d’une commission créée par l’exécutif du socialiste José Luis Rodriguez Zapatero.  » Le gouvernement a eu sept ans pour sortir Franco de là. Nous n’avions pas besoin d’une commission mais d’une décision « , regrette le président de l’association pour la récupération de la mémoire historique (AMRH), Emilio Silva.

Car le Parti populaire (PP, conservateur) qui s’apprête à gouverner a toujours jugé que le travail de mémoire mené par le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero – statues du Caudillo enlevées des places publiques, rues rebaptisées, loi de 2007 réhabilitant les victimes du franquisme… – ne sert qu’à «  diviser la société  » et à  » rouvrir les blessures du passé « .

Pour le gouvernement, le Valle doit, justement, devenir un  » lieu de mémoire et de réconciliation « . Le projet imaginé par la commission prévoit la construction d’un mémorial portant les noms des 34 000 victimes des deux camps mortes durant la guerre civile et enterrées dans les cryptes, un centre de méditation, un musée qui expliquerait l’histoire de ce conflit et de la dictature, ainsi que les conditions dans lesquelles a été construit le Valle, bâti entre 1941 et 1958 par des milliers de prisonniers républicains condamnés aux travaux forcés.

La commission ne voit pas d’inconvénient à ce que demeure enterré le fondateur de la Phalange, José Antonio Primo de Rivera,  » une victime de la guerre civile « , à la différence de Franco. Si le prochain gouvernement décidait de suivre la commission, il devrait encore obtenir l’accord de l’Eglise, qui gère la basilique, et l’approbation du Parlement…  » Personne n’y croit « , tranche Emilio Silva.

Sandrine Morel (Madrid, correspondance)

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