Érable

Érable plane (Acer platanoides L.)

L’érable plane, ou plane, est un arbre de grande taille de la famille des Sapindacées (anciennement Acéracées) fréquent dans les régions montagneuses d’Europe.

Noms communs : érable plane, érable platane, plane, plaine, faux sycomore ; en anglais Norway maple, en allemand Spitz-Ahorn, Flader-baum, en italien acero-riccio.

Son nom commun lui vient de la forte ressemblance des feuilles avec celle du platane. À ne pas confondre avec l’espèce voisine Acer pseudo-platanus, érable faux-platane ou sycomore lequel a une écorce formant des plaques se détachant du tronc chez l’arbre adulte.

Description

C’est un grand arbre à tige élancée, pouvant atteindre 30 m de haut et un diamètre de 3 m (à 1,5 m de hauteur au-dessus du sol). L’écorce est brune, et présente de nombreuses crevasses longitudinales peu marquées. Ce caractère permet de le distinguer du sycomore dont l’écorce grisâtre se détache en larges plaques. Les feuilles, opposées, caduques, sont palmées avec 5 nervures à lobes très pointus, à dents aiguës, séparés par des sinus arrondis. Ces feuilles, à long pétiole, sont glabres, vertes et luisantes. Elles prennent une très belle teinte jaune à l’automne. Les fleurs vert jaune, groupées en corymbes dressés, apparaissant avant les feuilles. Elles ont cinq sépales soudés, cinq pétales et 8 étamines. Les fruits sont des disamares à ailes horizontales larges très écartées, quasiment opposées.

Cet arbre de croissance très rapide pendant les premières années, rejette facilement de souche quand il est coupé. C’est une essence de lumière, préférant des sols riches et pas trop acides. On le rencontre en général en peuplements disséminés au milieu des autres espèces.

Érable sycomore (Acer pseudoplatanus L.)

L’Érable sycomore est une espèce d’arbre de grande taille de la famille des Sapindacées (anciennement Acéracées) fréquent dans les régions montagneuses d’Europe.

On l’appelle parfois Faux Platane, Grand Érable, ou Érable de montagne, plus rarement Érable blanc. Son nom commun de « sycomore » lui vient de la ressemblance supposée des feuilles avec celles du Figuier sycomore (Sukon en grec). Elles rappellent bien plus celles du platane, mise à part leur disposition opposée sur la tige.

Il s’agit d’un arbre à croissance rapide les premières années, et qui rejette facilement de souche quand il est coupé. L’érable sycomore ne doit pas être confondu avec l’espèce voisine Acer platanoides, érable plane ou érable platane dont le bout des feuilles est plus acéré.

Description

L’érable sycomore est un grand arbre à tige élancée, pouvant atteindre 35 m de haut et un diamètre de 3,5 m (à 1,5 m de hauteur au-dessus du sol).

L’écorce est d’abord lisse et gris jaunâtre, puis gris rougeâtre et de plus en plus foncée sur les arbres âgés où elle se détache en s’écaillant en larges plaques, ce qui différencie cette espèce de l’espèce proche Acer platanoides (érable plane).

Les feuilles, opposées (comme chez tous les érables), caduques, sont palmées avec 5 lobes pointus, à dents obtuses, séparées par des sinus aigus. Ces feuilles, à long pétiole (légèrement cordiforme à la base), sont glabres et vert sombre à la face supérieure, vert glauque portant des poils sur les nervures à la face inférieure.

Il ne fleurit que vers 20 à 25 ans. Les fleurs de couleur vert jaune, groupées en panicules tombantes, à la différence de celles de l’érable plane, qui sont groupées en corymbes dressées apparaissent avec les feuilles, à la différence de celles de l’érable plane où elles apparaissent avant les feuilles. Elles ont 5 sépales soudés, cinq pétales et 8 étamines dressées.

Les fruits sont des disamares dont les ailes sont écartées, formant un angle beaucoup moins ouvert que celles des disamares de l’érable plane.

Comment prit fin le dernier conflit d’Europe occidentale

Témoignage sur la fin d’ETA

Le Monde – Samedi 29 octobre 2011

Enfin ! Trois jours après la conférence de la paix sur le conflit basque que nous avons organisée à Saint- Sébastien le 17 octobre, l’organisation séparatiste ETA annonçait l’abandon définitif de la lutte armée. Le dernier conflit d’Europe occidentale se terminait ainsi par un communiqué, après quatre décennies de violence et un millier de morts. Retour sur une discrète dynamique de paix, à laquelle j’ai eu le privilège de participer au sein du groupe international de contact (GIC).

La paix se fait avec ses ennemis, en dépit du sang versé. C’est cette évidence, si difficile à accepter, que Jonathan Powell, ex-chef de cabinet de Tony Blair et son négociateur avec l’IRA, tentait de faire passer à Saint-Sébastien. « L’IRA a tenté d’assassiner mon père et il en a réchappé d’extrême justesse, a-t-il dit. Mon frère a figuré pendant huit ans sur la liste des gens à abattre. Lorsque, durant les négociations, j’ai rencontré pour la première fois le président du Sinn-Fein, Jerry Adams, j’ai refusé de lui serrer la main. Aujourd’hui, je le regrette. » Que ces mots soient prononcés par le négociateur de Londres n’était pas indifférent dans le contexte basque, tant les deux conflits ont souvent été perçus comme  » frères « , avec des revendications nationalistes, des décennies de violence et tant de vies brisées ou mutilées à jamais.

A l’annonce de la conférence de paix du 17 octobre à Saint-Sébastien, une partie de la classe politique espagnole se déchaîna contre nous. Le leader de l’opposition, Mariano Rajoy, fit preuve de responsabilité, observant un prudent mutisme, mais l’ex-premier ministre Aznar dénonça l’ « équivalence morale » que, soi-disant, nous établissions entre terroristes et démocrates. Critique infondée : nous n’étions pas là pour donner des gages de légitimité mais pour appeler l’ETA à cesser la lutte armée, et Madrid et Paris à répondre positivement. C’est ce même message qu’ont porté, le 17 octobre, des personnalités comme l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan ou l’ex-ministre de l’intérieur, Pierre Joxe.

Ni le gouvernement espagnol ni l’organisation clandestine n’étaient représentés mais, à l’exception du Parti populaire, la quasi-totalité des composantes de la société basque étaient venues, avec les représentants des syndicats, du patronat, de l’Eglise et des partis politiques. De vives divergences de vues s’exprimèrent sur la nature du conflit et sur l’avenir du Pays basque. Mais tous se rejoignirent sur l’essentiel : l’arrêt irrévocable de la violence par l’ETA, sans que cela signifie pour les militants la fin de leur combat pour l’autodétermination. C’était le sens du mandat que nous avions négocié avec des acteurs politiques et sociaux du Pays basque : une normalisation politique incluant la légalisation de tous les partis qui renoncent à la violence, l’ajustement de la politique pénitentiaire (comme le rapprochement du Pays basque des 700 prisonniers de l’ETA, dont 140 détenus en France), et l’ouverture d’un dialogue multipartite.

L’arrêt de la lutte armée, nous le pressentions était à porter de main. Ces derniers mois, le contexte était en mutation rapide, cristallisée par trois événements-clés. La Déclaration de Bruxelles du 29 mars 2010, d’abord, dont l’architecte fut l’avocat sud-africain Brian Currin. Une vingtaine de personnalités, dont cinq Prix Nobel de la paix, appelèrent l’ETA à déclarer « un cessez-le-feu permanent et vérifiable« . Ce fut chose faite le 10 janvier, et ce deuxième développement a rendu possible la création de notre petit groupe d’experts internationaux, pour « accélérer, faciliter et favoriser la normalisation au Pays basque« .

Brian Currin, défenseur de militants du Congrès national africain (ANC) pendant l’apartheid, avait senti qu’il fallait encourager la prise de conscience par la gauche indépendantiste de l’impasse dans laquelle elle se trouvait après l’attentat meurtrier de l’aéroport de Madrid fin 2006. La lutte armée de l’ETA ne donnait aucun résultat, alors que la coopération entre Madrid et Paris marquait des points significatifs. Beaucoup d’observateurs ont vu dans le succès des polices espagnole et française l’unique raison du renoncement aux armes par l’ETA. Mais cette explication est trop courte. Nous avons en vérité assisté à la conversion de la gauche indépendantiste à la voie pacifique. La Déclaration de Bruxelles, puis la constitution du GCI et la présence de leaders internationaux à la conférence de paix le 17 octobre visaient à la conforter dans le choix revendiqué d’un refus de la violence.

Le troisième temps fort fut la confirmation que l’ETA avait bel et bien tenu ses engagements après l’annonce du cessez-le-feu en janvier. C’était un point capital. Certes, il n’y avait plus eu d’attentat depuis 2009, mais c’était insuffisant. D’autres cessez-le-feu avaient été brisés. Nous avons interrogé les chefs d’entreprise afin de s’assurer de la fin de l’extorsion qui alimentait « économie de guerre » de l’organisation clandestine. Rappelons qu’une quarantaine de patrons ont été tués par l’ETA, une cinquantaine d’autres kidnappés durant les années de conflit, et que 2 000 personnes au Pays basque vivent ou ont vécu entourées de gardes du corps, dans la peur d’être assassinées.

Fin avril, avec Paul Rios, je rencontrai le patron des patrons à Bilbao. Il nous montra une lettre frappée du sigle de l’organisation confirmant la fin de « l’impôt révolutionnaire« . Nous tenions là le premier signe tangible du changement intervenu. Quelques mois plus tard, notre GCI aida à mettre sur pied un groupe de vérification du cessez-le-feu qu’a rejoint Raymond Kendall, un ancien de l’antiterrorisme à Scotland Yard, qui a été quinze ans secrétaire général d’Interpol.

Ce printemps, donc, les événements s’accélérèrent. Nous vîmes l’équation politique se transformer avec les élections régionales du 22 mai. Ce fut le triomphe des nationalistes qui, tous partis confondus, récoltèrent 61 % des voix au Pays basque. Ce résultat était important : il montrait la vigueur du nationalisme et confirmait le succès d’une stratégie axée sur le refus de la violence. Puis, le 24 et le 25 septembre, les 700 prisonniers de l’ETA et les ex-prisonniers se prononcèrent à leur tour en faveur de l’arrêt de la lutte armée. Le 1er octobre, Ekin, un groupe politique en lien avec l’ETA, annonçait sa dissolution. Le lendemain, l’ETA annonçait qu’elle acceptait de se soumettre au groupe de vérification du cessez-le-feu. Les conditions étaient favorables pour la tenue d’une conférence de paix.

L’annonce de la fin de la lutte armée le 20 octobre marque à l’évidence une étape cruciale après quarante-trois années de violence. Le processus de normalisation peut enfin commencer et conduira à terme à la légalisation de la formation Sortu, à la remise des armes de l’ETA et à sa dissolution. Des discussions auront lieu entre les parties sur ces questions et sur d’autres, et le GIC est prêt à apporter sa contribution. Le différend sur l’avenir du Pays basque se traitera dans le cadre du libre jeu démocratique. Les victimes, bien entendu, toutes les victimes, celles de l’ETA et les autres, y compris celles des groupes parapoliciers (GAL) qui tuèrent dans les années 1980 sur le sol français en toute illégalité des Etarras, ne seront pas oubliées. Il n’y aura pas ici, comme après la fin du franquisme et la transition démocratique espagnole, de pacte de l’oubli.

Ailanthus altissima – Ailante

Étymologie : « Ailante » est un mot malais, signifiant « arbre qui monte au ciel ». L’Ailante est effectivement un très grand arbre, ce que reconnaît son nom « altissima« .
Origine : Asie orientale. Un plant d’Ailante fut expédié de Pékin en France, par le Père jésuite Pierre d’Incarville, vers 1750.
Croissance rapide. Le bois devient fragile en vieillissant.
Habitat : l’Ailante est un arbre peu exigeant. Ses graines dispersées par le vent prennent racines comme une mauvaise herbe et colonisent les friches urbaines et les terre-pleins de voies rapides. Il drageonne facilement (trop), ignorant les chemins et les murs mitoyens (!).
Durée de vie : 120 ans.
Taille maximale : 30 m.
Port : houppier en boule.
Tronc droit.
Écorce peu fissurée, de couleur grise.
Feuillage caduc. Feuilles très grandes (30-90 cm), imparipennées (13 à 25 folioles). Les folioles sont pétiolées. Elles sont oblongues et lancéolées, et ont une bordure lisse. Elles se reconnaissent à une base plate se terminant par deux petites pointes portant des glandes mellifères. La face supérieure est vert foncé, la face inférieure plus claire, pubescente et glanduleuse. Les feuilles froissées dégagent une odeur pestilentielle.
Fleurs en juin. Mâles et femelles font arbres à part (espèce dioïque). Mal odorantes, les fleurs mâles, en grandes panicules vaporeuses, attirent néanmoins les insectes (entomophiles). Les fleurs sont petites, d’un jaune verdâtre ; elles ont 5 sépales et 5 pétales. En ville, on plante des espèces pourvues de peu de fleurs mâles, parce qu’elles sentent mauvais.
Les fruits en grappes de samares (4 cm) ressemblent à des bouquets de fleurs roses, en septembre.

La grande misère avance à grands pas

Lettre d’Espagne

Le Monde daté du 25 octobre 2011

Mère de 56 ans, qui vit avec deux de ses enfants et ses deux petits-enfants de 7 et 3 ans. Les enfants sont au chômage et sans prestation. La mère perçoit une aide de 426 euros qui prendra fin le 24 novembre 2011. Leur loyer est de 276 euros. Dossier 125. «  Quelques lignes pour résumer la détresse d’une famille. Un numéro de référence pour demander de l’aide.

A Valence, l’association Nuestra Señora de los Desemparados a lancé cette année un nouveau programme de lutte contre la misère :  » Parrainez une famille « . Sur son site Internet, des dizaines de  » dossiers  » se succèdent. Un numéro de compte en banque invite les visiteurs à faire un don. Et quelques phrases détaillent des situations de plus ou moins grande détresse.

Comme cette  » mère divorcée avec quatre enfants de 16, 11, 4 et 3 ans, qui travaille comme femme de ménage en entreprise pour un salaire de 434 euros et paie un loyer de 410 euros. «  Ce jeune étudiant de 25 ans, coupés de ses parents, qui gagne 250 euros en faisant le ménage chez des particuliers, mais dont la moitié de la paie part dans son loyer. Cette femme de 74 ans, touchant 340 euros de retraite et vivant avec son fils de 50 ans, malade, qui demande simplement qu’on lui répare son lave-linge. Ou encore cette famille avec un enfant, dont l’appartement a été saisi par la banque, le mari a épuisé ses droits au chômage et touche une aide de 426 euros. Son épouse, femme de ménage en arrêt maladie, n’a pas d’indemnités.

L’Espagne ne voit pas le bout du tunnel. La crise s’allongeant, le nombre de chômeurs en fin de droit ne cessent d’augmenter : ils seraient près de deux millions sur les 4,8 millions de chômeurs espagnols (21 % de la population active) à ne percevoir aucune prestation. Près d’1,4 million de foyers compteraient tous leurs membres au chômage. Et selon les associations de droit au logement, 300 000 familles ont été expulsées de chez elles par les banques parce qu’elles ne payaient plus leur crédit depuis trois ans.

Le 13 octobre, l’association caritative, dépendant de l’église catholique Caritas, a tiré la sonnette d’alarme, annonçant lors de la présentation de son rapport 2010 que la pauvreté en Espagne  » se stabilise et devient chronique « . Le nombre de personnes ayant recours à ses services d' » accueil et assistance primaire « , qui résolvent les questions d’urgence basiques telles que l’alimentation, est passé de 400 000 en 2007 à 950 000 en 2010. Or seulement 30 % de ceux-ci demandaient de l’aide pour la première fois. Les 70 % restants correspondent à  » des personnes dont la situation empire par manque de solution « , a souligné le secrétaire général de l’organisation Sébastien Mora. Les trois-quarts sont des couples âgés entre 20 et 40 ans avec plusieurs enfants en bas âge. Et pour la première fois, ils sont majoritairement de nationalité espagnole.

La solidarité familiale traditionnelle des pays méditerranéens, qui a si longtemps permis d’épargner les gens de la misère et de l’exclusion sociale, semble ne plus suffire.  » Chaque année, il y a davantage de personnes qui ont besoin d’une aide d’urgence et le réseau de protection sociale public, qui était faible, diminue et s’érode « , continue M. Mora.

Plan d’austérité oblige, les aides nationales destinées aux chômeurs en fin de droit, limitées à une durée de six mois, sont de plus en plus restrictives. Quant aux régions autonomes espagnoles, obligées de réduire leur déficit monstre, elles taillent dans les budgets sociaux. Les aides au logement, aux familles nombreuses, aux personnes dépendantes ou sans revenu se trouvent, par exemple, sur la sellette en Catalogne.

L’Institut national de statistiques espagnol, l’INE, qui a rendu public la semaine dernière les conclusions de l’enquête sur les conditions de vie 2011 parvient au même constat : la misère augmente à grands pas en Espagne.

Près de 22 % des foyers espagnols vivraient actuellement sous le seuil de pauvreté, fixé à 7 500 euros annuels pour une personne seule ou 13 500 pour un couple avec un enfant. En 2010, ils étaient 20,7 % et 19,5 % en 2009. L’augmentation du chômage en est la principale cause.  » Un signe de la gravité de la situation est que de plus en plus de jeunes, formés et qualifiés, quittent l’Espagne pour trouver du travail ailleurs « , souligne Florentino Felgueroso, directeur de la chaire de capital humain à la Fondation des études d’économie appliquée (Fedea). L’Espagne redeviendra-t-elle un pays d’émigration comme il y a quarante ans ? Selon les études de l’INE, c’est une possibilité si la situation continue de se détériorer.

Les revenus moyens des familles espagnoles ont baissé de 4,4 % en un an, atteignant moins de 25 000 euros annuels par foyer et 9 400 euros annuel par personne. Une famille sur trois n’a pas les moyens d’affronter des dépenses imprévues et 40 % n’a pas les moyens de se payer une semaine de vacances hors de son domicile. Plus alarmant encore, un récent rapport de l’Unicef souligne que 15 % des enfants d’origine étrangère vivent dans des conditions de grave pauvreté et que 6 % souffre de la faim de manière habituelle.

Pour le moment, l’Espagne ne connaît que peu de tensions sociales malgré l’ampleur de la crise. Pas de grève générale. Pas de violence et de délinquance de masse. Seuls les sympathiques  » indignés « , pacifistes et utopistes, dénoncent les difficultés de la société, gentiment, lors d’assemblées populaires… Mais jusqu’à quand ?

Sandrine Morel

Espagne : l’adieu aux armes de l’ETA

C’est une décision qui, bien qu’attendue, apparaît comme historique (The Guardian). Jeudi soir, l’organisation séparatiste basque ETA a annoncé, de manière savamment orchestrée, « la fin définitive de son action armée », rapportent El Mundo et la BBC (voir le texte intégral du communiqué). Comme le souligne El Pais, cette déclaration officielle, fruit de longues et âpres négociations (La Vanguardia), met un terme à « quarante-trois années de terreur » ; quarante-trois années rythmées par des attentats sanglants qui auront coûté la vie à 829 personnes. Le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a salué le « triomphe » de l’Etat de droit, tout en affirmant que le souvenir des victimes ne s’effacerait pas. « Notre démocratie vivra sans le terrorisme, mais non sans mémoire », a-t-il promis (Publico, El Pais). Comment l’organisation basque en est-elle venue à renoncer à la lutte armée, dont elle semblait avoir fait l’alpha et l’oméga de sa politique ? Pour Publico, cela tient aux succès de la traque menée depuis deux ans par les autorités espagnoles et françaises. Tout n’est pas réglé pour autant, tempère le Daily Telegraph, qui s’interroge sur la délicate question du désarmement du mouvement basque. Le New York Times, lui, va plus loin, voyant dans les propos byzantins de l’ETA, et dans ses non-dits, plus une nouvelle duperie potentielle qu’un acte courageux de paix.

« Faust » damné par Jean-Louis Martinoty

Ce devait être l’événement de la 3e saison de Nicolas Joël à la tête de l’Opéra de Paris : le Faust, de Gounod, est un flop magistral. L’affaire a été, il est vrai, mal embouchée dès le début. Il y a d’abord eu la démission du chef d’orchestre Alain Lombard une semaine avant la première après un différend avec le ténor Roberto Alagna (voir Le Monde du 23 septembre). Echanges d’amabilités entre les deux parties jusqu’à la première du 22 septembre devant un public dépité, une grève des techniciens ayant réduit à une simple version de concert le spectacle mis en scène par Jean-Louis Martinoty, d’autant plus attendu qu’il était censé mettre fin aux quasi trente ans de règne de la version de 1975 de Jorge Lavelli, emblématique de l’ère Liebermann.

Il a donc fallu attendre le 28 septembre pour découvrir l’ampleur des dégâts. Comment le directeur d’opéra et metteur en scène Nicolas Joël, qui a lui-même monté Faust aux Chorégies d’Orange en 2008, a-t-il pu cautionner ce salmigondis lourdingue et prétentieux ? Une telle gabegie de gadgets, de couleurs, de références, une telle débauche de laideurs spectaculaires et d’effets spéciaux, sans avoir eu son mot à dire sur la façon dont on dépense l’argent public à l’Opéra de Paris ?

Car cette production est indigne. Elle est à la fois d’un conventionnel crétin, d’une impudeur choquante et d’un manque total de poésie. Rien ne nous est épargné, des draps tachés du dépucelage de Marguerite, du meurtre du bâtard poignardé dans l’église, de la tête de la malheureuse roulant sous le couperet – puis portée en triomphe comme une relique dans une châsse.

Noyés dans un décor surdimensionné, les chanteurs ne sont pas plus que le public à la noce. Côté vocal, même si on l’a connu plus solaire et frémissant, Roberto Alagna reste un Faust de belle classe. De même Inva Mula, Marguerite plus précieuse qu’émouvante et le Méphistophélès de Paul Gay, baryton basse à la française, sans fanfreluches. La direction d’Alain Altinoglu, qui a remplacé Alain Lombard, est juste et avisée, privée de folie comme de sensualité. Les choeurs, quand ils sont ensemble, chantent droit. Et ce diable de Martinoty qui nous promettait un « opéra du désir » !

Forfait

Ah, elle a été rude, cette semaine. Cette bombe qui a éclaté sur nos écrans assoupis. Ce tsunami médiatique. Ce gars dont on oublie toujours le nom et qui a déclaré forfait… Oui, c’est ça, Kevin Gameiro… son forfait surprise pour France-Albanie. Après Benzema, Ribéry et Blaise Matuidi : la  » douche froide pour les supporteurs « , ont commenté les journaux, en parlant même d’une  » avalanche de forfaits « . Drôle d’image.

Il y eut aussi celui d’un non-candidat centriste pas triste à la course présidentielle. Un forfait que vous aviez presque oublié, avouez-le, au milieu de l’actualité si riche. Quoi qu’il en soit, celui-là il est hors course.

Souvenirs du bar PMU du tiercé dominical (son ticket, sa petite pince) ; là, les forfaits, c’était du sérieux. Les chevaux qui ne s’alignaient pas au départ devaient payer un dédit, une indemnité, bref un forfait. Bien sûr, ce n’était pas vraiment les chevaux qui payaient le forfait, c’était les propriétaires… Mais, au fait, combien va-t-il (le) payer, Jean-Louis Borloo ? Ou qu’aura-t-il en échange ? Mystère.

En effet : un forfait, ça coûte. Et nous ne parlons pas des forfaits de ski (toujours plus haut, le contraire de l’avalanche), nous parlons d’un casse-tête bien pire, de la prise de chou des week-ends chez Phone House, du labyrinthe tarifaire : les forfaits téléphoniques. Ah, en voilà, des forfaits surprise. Ils peuvent même tourner à l’obsession. Ecoutez, dans le métro, les jeunes qui crient dans leurs portables ; ils commencent toujours par :  » T’as encore du forfait, toi ? Ah bon, tu m’appelles alors… « 

Puis arrive l’interminable conversation beuglée qui fait regretter amèrement à l’usager des transports que l’autre gusse, au bout de la ligne, ait encore du forfait. Sans parler des phrases idiotes du genre :  » Ouais, c’est Brice là, dis-donc, ton ex, elle balance beaucoup non ?  » ou  » Ah, t’es en garde à vue… euh, je rappelle « .

On aura compris qu’il s’agit dans ce cas précis d’un bavard qui a encore du forfait mais c’est plutôt du forfait présumé. Une histoire de forfait tout compris où le correspondant en question a pris à la fois le forfait et le chapeau… et risque de prendre le maximum s’il fait trop traîner la conversation. Le forfait dont on aimerait bien alléger l’addition comme nous le suggèrent les opérateurs. Changez de forfait, qu’ils disent.

 » Moi j’veux bien, nous déclare Nicolas S. de Neuilly dans le 92, si Hervé Morin aussi déclare forfait, j’l’appellerai.  » Au suivant.

Car, avouez-le, mesdames et messieurs les candidats, votre rêve, c’est quand même de gagner les élections par abandon. Votre fantasme : le forfait général des autres, le jeté de gant en avalanche, le mot d’excuse, la rase campagne… La conversation qui commence par :  » Bon d’accord t’es largement devant moi à la primaire/dans les sondages, je déclare forfait pour le second tour.  » Et hop. Ce serait du billard la politique, si les challengers sous-cotés, les outsiders très out déclaraient forfait les uns après les autres. Et quelle économie !

Par Didier Pourquery

(1)I. FORFAIT n. m. Xe siècle. Participe   passé de forfaire.

Crime grave et odieux. Commettre un horrible, un abominable forfait. Il a   été puni pour ses forfaits. Expier ses forfaits.

(2)II. FORFAIT n. m. XVIe siècle, fayfort   ; XVIIe siècle, fort-fait. Composé de for, altération de fuer, fur, du latin forum, « place publique », puis «marché, taux », et du participe passé de faire, proprement « taux déterminé à l’avance ».
1. Clause d’un contrat, d’un marché par laquelle l’une des parties s’oblige à fournir une prestation, un service ou un ensemble de services à un prix  global fixé d’avance ; le prix ainsi fixé. Vente à forfait. Conclure un forfait avec un entrepreneur pour la construction d’une maison. Cet organisme  propose des voyages, des séjours à forfait. Dénoncer un forfait, en demander l’annulation. Payer un forfait très élevé. Traiter à forfait.  Prendre un travail à forfait. 
2. DROIT FISCAL. Régime fiscal permettant de calculer l’imposition d’un contribuable non salarié d’après une estimation de son revenu présumé. Être admis au bénéfice du forfait. Par méton. Le montant de la somme ainsi  arrêtée.

(3)*III. FORFAIT n. m. XIX  siècle. Adaptation de l’anglais forfeit, « amende », lui-même emprunté de l’ancien français forfait (voir Forfait II).

HIPPISME. Indemnité due par le propriétaire d’un cheval lorsque, après   l’avoir régulièrement engagé dans une course, il renonce à l’y faire   paraître.

Par ext. Déclarer forfait, annoncer qu’on ne prendra pas le départ  d’une épreuve sportive dans laquelle on s’était engagé et, fig., renoncer à défendre ses chances dans une compétition, à poursuivre une entreprise. Ce coureur, ce boxeur a déclaré forfait à la dernière minute. Devant tant de difficultés, je déclare forfait. Gagner un match par forfait, être déclaré vainqueur à la suite de l’abandon de l’adversaire ou de l’équipe adverse.

Châtaignier / Marronnier

Châtaignier ou châtaignier commun (Castanea sativa Mill.)
Les fleurs jaune soufre, voyantes, ont une odeur agréable; les feuilles étroites et allongées atteignent 30 cm; les bogues piquantes des châtaignes, lorsqu’elles sont fermées, rappellent de petits hérissons.

Le marronnier commun (Aesculus hippocastanum L.)
Au printemps, ses grandes inflorescencens se dressent vers le ciel; en automne, on le reconnaît à ses marrons brun foncé enveloppés dans une capsule sphérique, très épineuse.